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La vérité sur
une jeune fille au crâne rasé
Par Amanda
Galpi
mercredi 20
octobre 2004
Malgré sa décision de porter un bob le jour de la rentrée
scolaire, Cennet Doganay a été mise « en quarantaine » dans
son propre lycée à Strasbourg. Nous publions aujourd’hui un
témoignage de première main d’Amanda Galpi qui relate avec
précision comment Cennet Doganay, a décidé de son propre chef
de se présenter le crâne rasé afin d’être admise en classe.
Amie intime de la famille, Amanda Galpi a été mise dans la
confidence depuis août dernier par la jeune lycéenne. Ce
témoignage contredit totalement la version caricaturale des
médias, notamment celle de l’émission « Soyons directs »
diffusée sur M6 vendredi 15 octobre, au cours de laquelle
l’animateur Emmanuel Chain a littéralement conclu que Cennet
était manipulée.
Il
est déplorable de constater comme il est devenu facile de
calomnier, et avec autant d’assurance, à la télévision !
L’affaire Cennet doganay est trop « dérangeante » ?
Eh
bien, pour éviter que l’opinion publique ne s’emballe, il
suffira de dire que la jeune lycéenne au crâne rasé a été
manipulée. Il ne peut en être autrement, foi de
« super-médias » !
Emmanuel Chain concluait, vendredi soir, son émission sur M6,
sur cette évidence et dimanche, l’une des présentatrices
d’ « arrêt sur images » lui faisait écho sur la cinquième
chaîne !
L’adolescente en question est, paraît-il, une marionnette du
docteur Milcent, personnage très suspect (le reportage d’M6
était digne d’un polar de Simenon) pour la seule raison qu’il
a, par le passé, défendu des filles voilées et qu’il continue
à les défendre contre les abus de l’application de la loi du
15 mars qu’il est, d’ailleurs, loin d’être le seul à dénoncer.
Ainsi donc, c’est « ce sombre personnage » qui aurait commandé
à Cennet Doganay de se raser la tête ? Il est regrettable de
constater que l’on continue à présenter les musulmanes qui
portent un foulard comme des aliénées, privées de leur libre
arbitre par un mâle dominateur qui les tient à leur merci. Ce
vieux cliché a, décidément, la dent dure !
Devant tant d’injustice, je ne pouvais me taire plus
longtemps. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’écrire
cet article, afin de rétablir la vérité sur l’histoire de
Cennet qui est l’une de mes anciennes élèves.
J’ai été l’une des toutes premières personnes à avoir été
mises, par Cennet elle-même, dans la confidence concernant sa
décision de se raser la tête si on ne l’acceptait pas en cours
avec un couvre -chef n’ayant rien de religieux.
C’était au mois d’aôut dernier. L’été durant, la même question
tourmentait la jeune fille : Comment suivre une scolarité
normale sans enfreindre ce qu’elle considère comme un
commandement divin ?
Raser l’objet du conflit lui apparaissait avec une évidence
croissante, à mesure que la rentrée approchait, comme la
solution salutaire. Les parents de Cennet ne voulaient pas
entendre parler d’un tel geste qu’ils jugeaient humiliant et
violent et s’affairaient à chercher pour leur fille un
établissement privé, français ou étranger, qui veuille bien
l’accepter avec son foulard. Mais en vain...
Le
jour de la rentrée, l’adolescente se présente au lycée coiffée
d’un joli bob mais elle est sommée de l’ôter. Devant son
refus, elle est conduite dans une salle aux fenêtres haut
perchées d’où l’on ne peut pas voir à l’extérieur.
Durant quelques jours, elle sera isolée dans cette salle,
puis, à la demande de sa mère qui proteste contre le fait que
sa fille soit ainsi mise en quarantaine, on la transfère
successivement dans le bureau de la proviseure et dans celui
de son adjointe.
Elle n’aura, néanmoins, pas le droit de sortir en récréation
dans la cour de l’établissement.
Le
5 septembre, Cennet passe à l’acte. Elle commence à couper ses
cheveux, seule, puis elle supplie sa mère puis son père de
finir « le travail ».La jeune fille est décidée d’aller en
classe « sans couvre-chef » aucun, mais son père s’y oppose,
ne voyant pas en quoi sa fille serait hors la loi avec son
béret !
Le
28 septembre, Cennet n’y tenant plus et plus que jamais
décidée à « rejoindre les autres, en classe » même chauve,
obtient la permission de son père. Celui-ci en informe alors
le comité « 15 mars et libertés » et demande à ce que la
presse et les médias soient présents pour le matin du
« dévoilement » du crâne rasé « Tant qu’à faire, je veux
que le monde entier sache ce que ma fille a été obligée
de faire pour pouvoir étudier ! » a-t-il dit
Devant les caméras de France 3, ce premier jour d’octobre,
Cennet expliquera qu’elle a accepté de parler aux
journalistes, pour démentir le fait que la rentrée s’était
« très bien passée » comme l’avaient fièrement annoncé les
politiques et les médias !
La
loi anti-voile est source de souffrance pour nombre de
collégiennes et lycéennes dévoilées de force ainsi que
pour leur proche entourage. Pour toutes ces personnes
meurtries dans leur amour- propre, la rentrée a été un vrai
désastre !
Présenter des émissions télévisées jugeant les gens à la
légère est un irrespect de la dignité humaine et un déni de la
souffrance d’autrui......
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com:
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